Qu'apprends-je ? Les petits oursons ont pris la route ! Pauvres petits oursons qui vont traverser la moitié de la France, tout seuls, abandonnés sur ces routes pas très sûres, dormant la nuit chez qui voudra bien les accueillir, marchant, quand il fait beau, au travers des forêts encore froides. Je les imagine : la grande sœur très sérieuse, ne lâchant pas la main de son petit frère qui, lui, traîne un peu. C'est vrai que d'abord il se laisse distraire par tout ce que la forêt lui offre comme surprises : un gros champignon, quelques jacinthes sauvages dont on ne sait comment elles sont arrivées là, et même, au deuxième matin, l'enchantement, dans une clairière, de la vision d'une biche auprès de son petit faon.
Tout cela surprend et amuse le petit Raphaël... mais la route est longue, et les forêts humides sont avares de soleil, alors il rechigne un peu, il réclame une pause... "il fait froid"... "j'ai faim". Maïa est beaucoup plus raisonnable, elle ne montre pas sa fatigue. Elle rassure le petit garçon qu'elle sait être fragile... "Un petit effort, encore... nous sommes bientôt arrivés. Tu vas voir, tu seras content d'être arrivé.
- Oui, mais moi j'étais bien chez Brigitte, et elle va faire venir encore des petits oursons garçons comme moi, et je voulais jouer avec !
- Moi aussi, j'étais bien chez Brigitte, mais on ne pouvait pas rester toujours chez elle, sinon il y aurait trop de petits oursons et de petites oursonnes, et Brigitte n'aurait plus de place dans sa maison... Cest comme ça, ça s'appelle "la vie". Tu verras, c'est très très bien, "la vie", parfois c'est un peu dur, mais beaucoup plus tard, en général.
- Mais là, on va où ?
- On va chez une petite fille et son petit frère... ils s'appellent comme nous !
- Ah oui ? ils s'appellent comme nous ? ils sont gentils ?
- Très gentils !
- Et il y aura du miel ?
- Oui, beaucoup de miel, tous les matins...
- MMMMMmmmmm ! J'adore le miel...
Voilà, je pourrais continuer longtemps, mais j'attends mes petits-enfants pour écrire la suite.(signé Claire).....





